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Ré-abonnement

Chers amis de la Décroissance,

Ça va faire sept ans que La Décroissance décolonise, désincarcère mon esprit, détruit des certitudes, et m'apporte des connaissances chaque mois. Vous m'aidez à dire, Non, j'ai ma dose, au monde bionique et à... agacer mon entourage. Les vagues successives de Covim[1] ne confineront pas ma liberté de penser. Je renouvelle pour la septième fois mon abonnement.

Dans "les économistes face à la nature" France-Culture interroge[2] Antonin Pottier et Vincent Liegey pour nous resservir le thème de "la croissance sinon rien" en s'appuyant notamment sur une citation de Nicholas Georgescu-Roegen ; mais justement, c'est La Décroissance qui m'a fait connaître cet économiste, et à travers leur "analyse", je ne le reconnais pas. Car il faudrait citer aussi : "l'entropie d'un système clos augmente continuellement (et irrévocablement) vers un maximum ; c'est-à-dire que l'énergie utilisable est continuellement transformée en énergie inutilisable jusqu'à ce qu'elle disparaisse complètement"

Déclinée sous toutes les formes politiques imaginables, la règle inflexible de destruction massive partout sur la planète globalisée, mondialisée, est la dérégulation, celle du libre-échange, de la croissance industrielle du fond de la fosse des Mariannes jusqu'à la planète Mars.

Le rêve de régulation du climat, des espèces, etc., n'est qu'un leurre absurde largement démonté et démontré dans la presse sans publicité, sur la Toile, par les chercheurs et les intellectuels honnêtes de tous les pays, et en particulier par La Décroissance. Ce leurre n'est qu'un anesthésique qui s'accompagne de la dérégulation générale de la vie, intime et sociale ; s'en aperçoivent chaque jour de plus en plus d'humains, mais dans mon entourage on me considère un peu déjà comme un chimpanzé du présent. Une chasse d'eau participative à l'eau de pluie ?  Moteur à l'arrêt dès le véhicule est immobile ?

Les Chimpanzés du futur décrits par Pièces et Main d'œuvre sont déjà dénoncés ; certains d'entre nous le sentent. Mais percevoir notre enrôlement comme rouage du monde des machines reste un défi. Les riches que nous sommes ne seront pas les premiers à le comprendre dans la douleur, mais ça commence à venir, même si nous préférons regarder ailleurs, sur nos écrans qui bavardent pour qu'on ne s'éveille pas.

Jamais l'information n'a été aussi complète, irréfutable, actualisée, disponible. Les livres d'écologie politique alimentent la rubrique Lectures du journal.

Les psychopathes délettrés que nous laissons nous "gouverner" sont déjà connus pour ce qu'ils sont : des criminels de l'humanité. Rien de tel que les commémorations incessantes des horreurs du passé pour masquer celles du présent.

Il n'y a rien à attendre d'eux et de nos innombrables suppliques pétitionnaires, numériques ou cellulosiques. N'en aurait-on pas vu les effets depuis ces quelques décennies où les lanceurs d'alerte sont légions.

Les populations humaines, déplacées, décimées ne sont plus marginales, et "explicables" par la malchance locale. Les guerres, l'immigration ne s'expliquent plus uniquement par des raisons politico-dictatoriales.

Aveuglés par l'ambition, la cupidité, la mégalomanie, le désir de jouir… Et après eux le déluge…, les valets serviles de la folie des super-riches ne changeront rien à leurs plans d'éradication de la vie.

Les cormorans ne sont que de récentes victimes dans la liste non exhaustive et en extension des corps mourants de la sixième extinction massive des espèces. Au fait, à quelle espèce appartiennent donc les personnels politiques ? Car pour être élu, il faut bien un profil génétique nécrosé non ? Et le gouvernement par les machines se précise grâce aux virus biologiques et numériques.

J'ai fortement réduit la lecture divertissement depuis mon abonnement à La Décroissance : moins de temps et d'envie pour me laisser embarquer dans des fictions que la réalité dépasse. La bibliographie et la sitographie fournies sur lesquelles se fonde le journal en sont la raison. J'abonne chaque année des proches, qui ne renouvellent pas forcément leur abonnement.  A ceux qui trouvent la lecture de La Décroissance parfois difficile, rebutante, je dis : la lecture, comme toutes les activités apprises, nécessite beaucoup de pratique pour devenir "facile". Plus on lit, mieux on sait lire, et plus on est curieux de savoir. Encore faut-il faire l'effort d'escalader des pentes de plus en plus raides pour gravir la montagne de la liberté de penser en ces temps de propagande sournoise.

Et je viens de relire un livre fondamentalement utile et facile d'accès : Le Progrès m'a Tué.  Oui, je corrige à dessein le titre où vous avez délibérément emboité le pas à la pensée unique, celle que vous combattez. Oui, je comprends, il s'agit de frapper les esprits en réutilisant ce parallèle maintenant éculé entre un fait divers survenu en juin 1991 et la situation présente du monde. Il s'agit de singer la presse aux ordres et les politiques qui ont initié cette pratique. C'est abracadabrant
[3] ! Malheureusement votre intention s'est perdue, car le second degré ne s'imprime pas, par définition ; il n'existe que dans la culture, c'est-à-dire dans la mémoire de l'actualité. Et vous savez hélas ce qu'il en est de la culture des lecteurs (et des non-lecteurs) aujourd'hui, votre expérience de journalistes vous éclaire à ce sujet, ainsi que notre expérience d'enseignants. Reste donc votre contribution involontaire à la destruction du système des temps grammaticaux du français.

Concrètement, par appauvrissement de la langue, n'ajoutez-vous pas votre pierre au mausolée en construction de la pensée agonisante et de sa libre expression ? La couverture du livre s'affiche sur la Toile et ailleurs, renforçant cette regrettable confusion. Les significations différentes (le programme sémantique) du participe passé et de l'infinitif s'estompent. La Toile et ses forums débiles s'en chargent déjà fort bien ; sans oublier Facebook et consorts.  L'indigence langagière est en pleine croissance et vous participez à votre insu[4] à cette décadence ! Bon, soyons honnête, la tenue stylistique du journal et des contributeurs devrait inspirer bien des minables feuilles publicisées.  Certes, je m'agace parfois d'une "gente" féminine, d'un non stimulant "booster" ou d'un "après qu'il soit". Car produire sa propre pensée libre en échappant à la McDonalisation acharnée de la langue, voilà un combat qui exige une vigilance de chaque instant, et personne ne peut se targuer de ne jamais trébucher dans les sables mouvantes de la propagande.

 

[1] Covim  : maladie du coronavirus. Anglophone, je refuse aussi bien "le Covid" que "la Covid" car le mot disease est neutre, et comme je suis français je dis "Covim". La liberté de penser, implique liberté d'essayer de choisir ses mots au lieu de se soumettre à la novlangue des technobiocrates. C'est amusant de voir l'expression interloquée de mes interlocuteurs.

[3] L'idiotie chiraquienne "abrancadabrantesque" a supplanté "abracadabrant".

On m'objectera que c'est drôle ; c'est vrai, mais ça tue la langue française, c'est drôle aussi hein ?

[4] ​L'idiotie du cycliste "à l'insu de votre plein gré​" a supplanté "à votre insu"


Date de création : 15/02/2021 16:44
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